samedi 27 novembre 2010

Graphisme d'aujourd'hui, patrimoine de demain ?

Pierre Bernard

Logotype du musée du Louvre, 1989 (restauré en 2010).



Grand théoricien de la conservation du patrimoine, Cesare Brandi avait identifié deux moments clés pour comprendre ce qu’est une œuvre d’art : le moment de sa création et celui de sa perception. Pour lui, dès qu’une œuvre était « finie », elle entrait dans le temps. Ce qu’il appelait la « matière », l’objet lui-même, n’était que le support d’une « image » destinée, elle, à se perpétuer dans la conscience du public. Aujourd’hui, les productions les plus éphémères en apparence, telles les affiches, brochures, expositions temporaires et créations numériques, sont aussi inscrites dans la durée – celle de notre mémoire collective.
Faut-il en préserver des traces pour qu’elles puissent continuer à exister dans leurs deux vérités, celle de la création et celle de la perception ? Les graphistes que nous avons interrogés sur la question de la pérennité de leur travail ont eu du mal à se prononcer. Pour certains, tenter de concilier fugacité et conservation va à l’encontre de la nature même de leurs créations – c’est presque un acte de fétichisation. Pour d’autres, au contraire, inscrire dans la durée des exemples de leur travail est la meilleure manière de préserver le reflet de leur époque.
Les graphistes se projettent-ils dans l’avenir ? Le regard qu’ils portent sur leur travail est-il compatible avec un souci de pérennité ? Bien que divergentes, leurs réponses ont permis de dégager quelques grandes lignes de réflexion pour commencer à définir une stratégie de conservation des créations graphiques en France.

1 commentaires:

Bigg izi a dit…

Très sympa ton blog ;)